Les portes de l’ascenseur s’ouvrent au cinquième étage. Enfin chez moi, à New York, après deux mois en Europe. Le choc de l’attentat m’a laissée assoiffée de vie. Mon sac pèse lourd, trop haut pour mon mètre cinquante-trois. Bruits de pas dans le couloir. L’ascenseur vibre encore. Je titube vers la sortie.
— Laissez-moi vous aider, murmure une voix grave derrière moi. Des mains puissantes saisissent mon sac, frôlent les miennes. Choc électrique. Corps immense contre mon dos, chaleur masculine. Youri, le voisin steward du 5B. Yeux verts qui percent. Torse large sous chemise blanche. Il range le sac sur l’étagère haute de l’ascenseur d’un geste. Recule. Je pivote, sourire figé.
L’Approche
— Merci, dis-je, voix tremblante. Il sourit, pro. Si vous avez besoin… Il s’éloigne vers son palier. Je reste clouée. Pense à Marc, mon Italien loin. Chasse l’idée. L’ascenseur redémarre. Ding. Palier. Mes clés tintent. Regard vert croise le mien par la porte entrouverte de chez lui. Tension monte. Cœur bat fort.
Bruit de voisins au couloir. Quelqu’un tousse deux portes plus loin. Je franchis le seuil de mon appart. Mais le désir pulse. Deux heures plus tard, je sors ‘prendre le courrier’. Palier désert. Bruit d’ascenseur qui monte. Il apparaît, sac de voyage à la main, rentrant de vol. Yeux verts pétillent.
— Attachez votre ceinture, plaisante-t-il bas. Non, ici : voulez-vous un café ? Il tend un gobelet thermos. Frôlement. Papier plié dessous. Café tiède brûle les doigts. Je sirote, discrète. Voisins rient en bas. J’ouvre : ‘Araignée sur ton paillasson’. Bondis, cri étouffé. Il surgit, bras m’attrapent.
— Calme-toi, pas d’araignée. Il m’attire dans son appart, porte claque soft. Bouche sur la mienne. Langues dansent. Mains sur seins. Je tambourine son torse. Trop envie.
L’Explosion
L’Explosion. Dans son entrée étroite. Il s’accroupit, relève mon chemisier. Lèvres sur ventre, seins libres. Suce, mordille. Panique : ils vont entendre. Ascenseur dingue au palier. Voix dehors. On se fige. Il murmure : Viens dans deux heures, salle de bain. Je tremble, réajuste. Sors, rouge. Voisine 5C sourit : Peur des araignées ? Je bredouille oui.
Deux heures. Couloir sombre. Bruits de TV chez les autres. Je frappe soft chez lui. Bras m’attire. Bouche avide. Langue fouille. Mains galbent hanches, cuisses. Je défais sa chemise. Toison douce, parfum mâle. Langue descend. Ouvre pantalon. Sexe dur. Je lèche, aspire. Il gémit bas : Salope, ta bouche… Frissons. Il me soulève, contre mur. Langue au triangle. Plonge, boit ma mouille. Je supplie : Baise-moi, putain.
Il s’assoit sur escalier interne. Me descend sur sa queue. Lent, profond. Couloirs résonnent : porte claque loin. On étouffe cris. Je monte, descends. Seins claquent contre torse. Il grogne : T’es serrée, voisine. Vague monte. Vue par fenêtre : lumières NY clignotent. Corps fusionnent. Orgasme explose. Sanglots dans sa bouche. On tremble, collés. Préservatif dans poubelle.
La Disparition. Rhabillés. J’ajuste sa cravate. Il caresse joue. Échange numéros griffonnés. Dernier baiser. Sors. Couloir froid. Bruits normaux : bébé pleure au 5A. Je traverse, clé tourne. Peau brûle encore. Mouille coule. Redeviens Anonyme, voisine sage. Marc rentre dans un mois. Youri à côté. Frisson permanent. Demain, un regard au palier suffira.