Le palier du quatrième étage. Immeuble béton des seventies, couloirs gris lisses, échos assassins. Je ferme ma porte, clé tremblante. ‘Anonyme’ pour l’entourage. Robe noire ras-du-cou, courte, jambes gainées de bas fins. Escarpins noirs sur mesure, talons fins comme des stylets. Clac. Premier pas. Résonne sec sur le sol ciré. Derrière la 42, télé qui gueule un match. Silence soudain. Il a coupé le son. Écoute.
Clac clac. Hésitation. Ascenseur grince au troisième. S’arrête. Bruits de pas lourds, voix d’homme qui râle au téléphone : ‘Putain, encore en retard.’ Je plaque mon dos au mur froid. Cœur cogne. Il passe pas par là. Porte 41 claque. Soupir de soulagement. Reprise. Clac clac clac. Écho s’amplifie, cathédrale laïque. Portes ont ces judas minuscules, pastilles sombres. J’imagine les yeux collés, oreilles tendues. Frisson remonte mes cuisses. Chatte déjà humide.
L’Approche
Dix mètres. Porte 45. Celle de Lui. Voisin austère, costume trois-pièces le jour, silence magnétique. Toc toc. Discret. Battant s’entrouvre. Son regard me transperce. ‘Entre. Vite.’ Je glisse dedans. Odeur de cuir neuf, colle fraîche. Ses bottiers secrets ? Non. Son antre : béton partout, murs épurés, lumière filtrée par meurtrières étroites. Comme une agora close.
Porte refermée. Clac de mon talon final. Il respire fort. ‘Marche pour moi.’ Je pivote. Clac clac dans son couloir étroit. Écho fouette l’air. Il ferme les yeux. Mains sur sa braguette. ‘Continue.’ Je chaloupe, hanches roulent. Clac clac clac. Superpositions d’échos. Son souffle s’accélère. Derrière sa porte, le couloir public palpite peut-être. Voisins aux aguets.
Il m’attrape. Contre le mur béton. ‘T’es ma muse ce soir.’ Sa bouche sur mon cou. Mains sous robe. Bas arrachés d’un coup. ‘Talon sur mon pied.’ Je pose mon escarpin sur sa chaussure. Pression. Il grogne bas. ‘Baise-moi avec tes pas.’ Tension max. Frisson du risque. N’importe qui dans l’ascenseur.
Il me plaque plus fort. Bite dure contre ma cuisse. ‘T’es trempée.’ Doigts en moi. Glouglou humide. Je mords ma lèvre. ‘Chut. Voisins.’ Télé 42 reprend, fort. Couvre nos halètes.
L’Explosion
Il me retourne. Robe relevée. Cul nu offert au béton froid. ‘Prends-moi.’ Sa queue épaisse pousse. Direct en moi. Aah étouffé. Mouvements lents d’abord. Ploc ploc chair contre chair. Écho traître. Fenêtre donne sur cour intérieure. Rideaux tirés, mais vue floue : lumières apparts voisins. Quelqu’un fume en bas.
Accélère. Sauvage. ‘Salope du palier.’ Voix basse, rauque. ‘Ta chatte avale tout.’ Je cambre. ‘Plus fort, mais tais-toi.’ Talon claque sol. Rythme fou. Sa main sur bouche. Bite cognes fond. Juices coulent jambes. Orgasme monte. Voisin 43 tousse. Panique. Plaisir explose. Je jouis muette, corps secoué. Lui gronde dans oreille. Semence chaude inonde.
Essoufflés. Il recule. Bite luit. ‘Parfait.’ Je ramasse bas. Pieds dans escarpins. Tremblante.
Porte s’ouvre. Couloir vide. Clac clac clac retour. Ascenseur ding au cinquième. Je file. Clé dans serrure. Chez moi. Lumière tamisée. Miroir : joues rouges, lèvres gonflées, peau brûle encore. Jus sèche cuisse. Sourire. Voisine modèle reprend vie. Demain, bonjour poli au palier. Secret intact.