La voiture s’arrête dans le parking souterrain de l’immeuble. Minuit passé. Mon cœur bat encore la chamade après la pipe en pleine rue. Mathieu coupe le contact, son sexe ramolli contre sa cuisse. Je sors, jambes tremblantes, robe noire collante d’humidité entre les cuisses. L’air froid du garage me picote la peau. On grimpe l’escalier vers l’ascenseur. Bruits familiers : le voisin du 3e qui tousse, porte qui claque au loin. Tension électrique. Ses yeux verts me dévorent derrière ses lunettes. Barbe de trois jours qui gratte quand il m’effleure la main.
L’ascenseur arrive, vide. On monte dedans. Il appuie sur 4, mon étage. Nos étages. Portes voisines. Le bourdonnement mécanique remplit le silence. Sa main glisse sur mes fesses. Je sursaute. ‘Chut’, murmure-t-il, voix rauque. Odeur de son costume mêlée à notre sueur. L’ascenseur s’arrête au 2. Une vieille monte, sac poubelle en main. Sourire poli. Elle sent mon parfum, mes joues rouges. ‘Bonne nuit’, dit-elle en sortant au 3. Porte s’ouvre. Couloir sombre. Mathieu me plaque contre le mur dès qu’elle tourne le dos. Bouche sur la mienne, langue invasive. Ma main descend sur sa braguette, déjà dure. Bruits de pas au loin. On se sépare, riant nerveux.
L’Approche
On sort au 4. Palier étroit, ampoule qui grésille. Sa porte à deux mètres de la mienne. Il sort ses clés, tremble. Je le pousse dedans avant qu’il ferme. ‘Viens’, souffle-t-il. Franchir ce seuil : adrénaline pure. À quelques pas de mon appart, de la voisine sage que tout le monde voit.
À l’intérieur, lumière tamisée. Il me plaque contre la porte d’entrée. Robe relevée d’un coup. Bas et porte-jarretelles encore en place, trempés. Ses doigts fouillent mon intimité dégoulinante. ‘T’es une vraie salope ce soir, Léa.’ Voix basse, sale. Je gémis, étouffé contre son épaule. Poitrine généreuse pressée sur son torse maigre. Il descend, genoux au sol. Langue sur ma chatte, lapant notre mélange. Souffle chaud, bruits de succion obscènes. Je mords ma lèvre. Fenêtre ouverte sur la cour, lumières des apparts voisins. Risque d’être vue.
Il se relève, pantalon aux chevilles. Sexe raide, veines saillantes. ‘À genoux.’ J’obéis. Goût salé de lui, de moi. Je l’engloutis, gorge profonde. Ses mains dans mes cheveux au carré, tirent. ‘Putain, suce-moi comme ça.’ Gémissements rauques, voix basse pour pas réveiller le couloir. Bruits étouffés, mais le palier porte les échos. Quelqu’un tousse deux portes plus loin.
L’Explosion
Il me relève, me retourne. Face à la porte. Jambes écartées. Il crache sur sa main, enduit son gland. Pénètre d’un coup, brutal. ‘Han !’ Cri étouffé dans mon poing. Coups de reins sauvages, hanches claquant contre mes fesses. Sensations intenses : plénitude, brûlure, jus qui coule sur mes bas. ‘T’aimes te faire baiser chez le voisin, hein ? À deux mètres de chez toi.’ Dialogues crades, chuchotés. ‘Oui, baise-moi fort, Mathieu.’ Fessée, picotement. Vue par la fenêtre : ombre d’un voisin qui fume dehors. Frisson.
Orgasm déchire tout. Jambes flageolantes, je jouis en tremblant, serrée autour de lui. Il grogne, se retire, éjacule sur mes fesses. Chaud, collant. On halète, collés.
Il m’embrasse le cou. ‘File, avant qu’on nous grille.’ Je rajuste robe, pas de culotte. Ouverture porte : couloir vide. Je traverse les deux mètres, pieds nus sur le carrelage froid. Odeur de sexe sur moi. Clé dans ma serrure, tremble. Entre chez moi. Lumière allumée, miroir : joues roses, lèvres gonflées, cheveux en bataille. Peau qui brûle encore. Gémissements fantômes dans ma tête. Dehors, ascenseur qui s’arrête. Voisins normaux. Moi, redevenue Anonyme, la voisine tranquille. Mais demain, au palier, nos regards se croiseront. Secret brûlant.