Il est tard, septembre tiède. NUIT tombe sur l’immeuble grisâtre. Dix étages de béton sale. Au pied, unique platane chétif. Pelouse clairsemée, mégots, bouteilles de bière, papiers gras. Je suis adossée au tronc. Rousse, lunettes de soleil dans les cheveux. Visage pâle, taches de rousseur. Yeux sombres, cernes bleuâtres jusqu’aux joues. Bras nus, maigre, grande, plate. Robe légère à fleurs fanées. Quinze ans peut-être. Lui, grand, brun crépu. Chemise à carreaux ouverte, jean délavé. Bras tatoués, bracelet cuir au poignet. Vingt ans à tout casser.
Ventre à ventre. Face à face. Bouches collées. Ses mains plates sur mes reins. Je l’attire plus fort. Langues qui s’emmêlent. Goût de bière tiède. Bruit lointain : télé qui hurle chez ma mère, étage 3. Voisins du 2 claquent une porte. Ascenseur grince, s’arrête au 5. Tension monte. Son érection durcit contre mon ventre.
L’Approche au Platane
— On va jusqu’au bosquet ? Ta mère nous mate peut-être.
— Rigole pas. Maman clouée à la télé. Macaronis et rien d’autre. Son mec picole son RMI au bistrot. Rentré minuit, avec sa bande. Java, baston, gros rouge. Voisins tapent les murs. Matin, ils gueulent pour le jus. J’le porte.
Ses lèvres sur mon cou. Frisson. Odeur d’herbe humide, pisse de chat. Megots craquent sous nos pieds.
— Marchez au bosquet quand même.
— Non. Tu veux m’embarquer pour me sauter. J’ai dit non.
— T’as promis.
— Pour te faire plaisir. J’en ai envie parfois. Mais conséquences…
Main glisse sous ma robe. Doigts sur cuisse. Je tremble. Bruit couloir : pas lourds, toux rauque du vieux du 1er.
— Pas la trouille. Vis maintenant.
— Maman dit : garde ta virginité. Ta dot. Attends mariage.
— Fous-toi du mariage. J’veux te baiser là, tout de suite.
Il plaque plus fort. Bite dure contre moi. J’hésite. Souffle court. Télé vrombit encore. Ascenseur redescend, ding ! au rez-de-chaussée. Quelqu’un sort, porte claque.
— Essaie. J’ai testé une vieille au bois de Vincennes. Huilée, elle glissait bien. Putain, trop bon.
— T’es sûr ?
— Fais-moi confiance.
Je craque. On contourne le platane. Vers l’entrée. Ombre du hall. Pas le bosquet, trop loin. Ici, à quelques mètres des fenêtres. Adrénaline explose.
On pousse la porte vitrée. Hall sombre. Boîtes aux lettres taguées. Odeur moisi. On monte l’escalier, pas l’ascenseur. Palier 1er. Silence. On s’engouffre dans l’ombre d’un recoin, près poubelles.
L’Explosion de Plaisir Brutal
Ses mains déchirent ma robe. Seins nus. Maigres, pointus. Il suce un téton. Je gémis bas. Couvre ma bouche.
— Chut. Voisins dorment.
Je défais son jean. Bite sort, veinée, chaude. Je la caresse. Il grogne.
— Suce-la.
À genoux. Odeur sueur, musc. Je l’avale. Glougloutis étouffés. Il tire mes cheveux.
— Putain, Paulette, ta bouche…
Relève-moi. Pantalon aux chevilles. Il me plaque au mur. Jambes écartées. Doigts fouillent ma chatte. Trempée déjà.
— T’es prête, salope.
— Vas-y doucement…
Il pousse. Déchire le voile. Brûlure vive. Cris étouffés dans sa chemise. Va-et-vient lents puis fous. Murs vibrent. Quelque part, bébé pleure. Ascenseur passe. On s’immobilise, bite en moi, pulsant.
— Plus fort…
Il accélère. Claques de chair. Sueur coule. Mes ongles dans son dos tatoué. Plaisir monte, viscéral. Chatte serre. Il murmure sales :
— J’vais te remplir, petite vierge.
— Oui, jouis…
Orgasme déchire. Jambes flageolent. Il gicle dedans. Chaud, abondant. On halète. Odeur sexe flotte.
Il se retire. Semence coule sur cuisses. Remonte pantalon. Moi, robe froissée.
— À demain, Paulette.
Il file par escalier. Moi, je traverse couloir. Pas feutrés. Porte ma mère : télé encore allumée. J’entre. Peau brûle. Chatte endolorie. Sourire en coin. Voisine anonyme. Personne ne sait. Demain, même jeu.