Le palier est désert ce soir-là. J’entends l’ascenseur qui s’arrête au troisième. Grincement des portes. Pas lourds dans le couloir. C’est lui, João, le voisin d’à côté. Toujours ce bruit de clefs qui tintent. Mon cœur cogne déjà. Je suis en chemise de nuit légère, pieds nus sur le carrelage froid. La porte s’entrouvre juste assez pour nos regards. Ses yeux sombres me transpercent. ‘Tudo bem, vizinha?’ murmure-t-il. Sa voix rauque me fait frissonner. Je hoche la tête, lèvres pincées. Tension électrique. L’odeur de son savon bon marché envahit l’espace étroit. Un voisin passe en bas, toux étouffée. On se tait. Il glisse sa main sur ma hanche. ‘Viens,’ souffle-t-il. Non. C’est moi qui l’attire dans mon appart. Seuil franchi. Porte claque doucement. Verrou tourné. On est seuls. Mais les murs sont fins. Bruits du quartier filtrent : klaxon lointain, vague qui clapote en bas.
Dans la salle de bain, lumière tamisée. Je sais pour les trous. Petits orifices dans la cloison mitoyenne. Son œuvre à lui. J’y ai vu sa silhouette l’autre soir, par le grand. Il se branlait en me matant sous la douche. Ce soir, c’est différent. Il baisse son short. Sa bite jaillit, longue, veinée. ‘Suce-moi,’ grogne-t-il à voix basse. Je m’agenouille. Bouche ouverte. Goût salé de sa peau. Il pousse. Gorge profonde. Je m’étouffe presque. Ses hanches claquent muet contre le mur. Dehors, ascenseur redémarre. Bruit qui masque nos halètements. Ma chatte palpite déjà. Jupe relevée, doigts dedans. Mouillée comme jamais. Proximité qui rend fou. À quelques centimètres de chez lui.
L’Approche
Je me redresse. Contre le mur. Il passe sa queue par le grand trou, près des WC. À hauteur parfaite. Glory hole artisanal. Je l’engloutis. Langue qui tournoie. Il gémit bas : ‘Caralho, que delícia.’ Sa main invisible agrippe le mur. Je pompe vite. Salive coule. Mes seins ballottent libres. Fenêtre ouverte : lune éclaire la mer, pêcheurs rentrent. Odeur d’iode. Un couple rit dans la rue. Faut pas faire de bruit. Mais il accélère. Couilles contre cloison. Explosion. Foutre chaud gicle en jets. Remplit ma bouche. J’avale pas tout. Trop. Écume aux lèvres. Il se retire. Vide.
Sous la douche ensuite. Eau ruisselle. Je me savonne. Peau brûle. Lui de l’autre côté, ombre fugitive. Je rebande sa bite en pensée. Mais c’est fini. Il chuchote ‘Obrigado’ par un petit trou. Rire étouffé. Je m’essuie. Chemisier boutonne vite. Culotte absente. Jupe tombe. Miroir : lèvres gonflées, yeux brillants. Visage de salope repue. Couloir silencieux maintenant. Voisins endormis. J’ouvre la porte. Palier froid. Ses pas déjà loin, porte d’à côté claque. Je traverse. Clef dans ma serrure. Dedans, lumière allumée. Télé murmure. Théière siffle. Je redeviens Anonyme. La voisine sage. Livres sur table, chat qui ronronne. Mais ma peau palpite encore. Goût salé persiste. Sourire en coin. Demain, même jeu ? L’adrénaline du quartier. Inégalable.