Les bruits du couloir me réveillent en sursaut. Minuit passé. Pas lourds, clés qui tintent. C’est lui, Jean, rentrant de sa mission. Mon cœur cogne. J’habite l’appart d’à côté, au troisième étage de cet immeuble crasseux de Limete, Kinshasa. Voisins depuis son arrivée. Blanc, timide en surface, mais passé trouble. Nos regards se croisent toujours au palier, électricité dans l’air moite.
J’hésite. Père dort en bas, gosses avec la cousine. Mais lui, si proche. J’enfile ma robe de chambre légère, pieds nus sur le carrelage froid. J’entrouvre ma porte. Odeur de sueur et Primus après la rumba au local du quartier. Il titube légèrement, clé en main. Nos yeux se verrouillent. ‘Anonyme ?’ murmure-t-il, sourire en coin. Tension monte. Ascenseur grince en bas, quelqu’un monte. Frisson. Je franchis le seuil, pousse sa porte entrouverte. ‘Chut, les voisins’, souffle-t-il. Porte claque doucement derrière moi.
L’Approche
Dans son appart minuscule, lumière tamisée. Il pue la nuit congolaise, sueur, bière, désir. Je plaque mon corps contre le sien. ‘T’es à moi ce soir’, je chuchote, main sur son entrejambe déjà dur. Il grogne, m’attrape les fesses. ‘Petite vorace congolaise.’ On titube jusqu’au lit défait. Fenêtre ouverte sur la rue bruyante, klaxons lointains, chiens qui aboient. Couloir silencieux, mais murs fins. Chaque bruit compte.
Il arrache ma robe. Nue, peau d’ébène luisante. Il bande comme un âne, slip tendu. ‘Suce-moi, salope du palier.’ Je m’agenouille, avale son sexe blanc, veines gonflées. Goût salé, musqué. Il empoigne mes cheveux, baise ma bouche à coups secs. ‘Putain, ta langue…’ Je bave, gorge profonde, étouffant mes gloussements. Bruit de succion humide, on se tait. Voisins d’en face pourraient entendre.
L’Explosion
Il me jette sur le lit. Matelas grinçant. Jambes écartées, ma chatte noire dégouline. ‘Regarde ça, trempée pour ton mundélé.’ Il plonge la tête, langue vorace sur mon clito. ‘Goût épicé, j’adore ta fleur.’ Doigts en moi, trois, qui fouillent. Je mords l’oreiller pour ne pas hurler. Sensations explosives : chaleur humide, succions, son nez qui frotte. ‘Baise-moi, Jean, remplis-moi !’ voix basse, râle étouffé.
Il grimpe, queue raide contre mon entrée. Un coup de reins, il s’enfonce. ‘T’es serrée, pute du quartier.’ Je contracte, anneaux vaginaux secrets de famille. Il blêmit, halète. ‘Merde, continue…’ Va-et-vient sauvages, peau qui claque doucement. Lit qui cogne le mur – stop, trop fort. On ralentit, roulades lentes, puis coups de boutoir bestiaux. Ses mains pincent mes tétons, mordent mon cou. ‘Viens, inonde-moi de ton jus blanc.’ Orgasme me foudroie, corps secoué, cri muet dans sa bouche. Il pulse, gicle profond, chaud.
On halète, collés, sueur mêlée. Son sperme coule de moi. Tendre un instant, baisers mous. Puis alarme : bruit de porte au couloir. Voisins ! Panique. ‘File, vite.’ Je ramasse ma robe, pieds nus, peau brûlante. Il ouvre. Couloir désert, ampoule qui clignote. Je traverse en trois pas, cœur en vrac. Ma porte, clé tremblante. Dedans, je m’effondre. Miroir : cheveux en bataille, lèvres gonflées, cuisses luisantes. Odeur de sexe partout. Redeviens la voisine sage. Mais demain, au palier, nos regards… Le frisson recommencera.