Le palier sent le vieux parquet ciré et la bouffe du voisin du dessous. Minuit trente. J’entends l’ascenseur tousser en s’arrêtant au troisième. Grincement de porte. Ses pas lourds. Léo rentre de son shift à l’hôpital. Mon cœur cogne. Je suis en peignoir fin, pieds nus, comme si je sortais fumer une clope. Nos portes se touchent presque, immeuble haussmannien pourri près du CHU de Rouen. Il tourne la clé. Nos regards claquent. Ses yeux, ces yeux qui m’ont sortie du coma il y a des mois, pleins de douceur et de vice. ‘Salut, voisine’, souffle-t-il, voix rauque de fatigue. Tension électrique. Bruits de vaisselle chez les vieux d’à côté. Je m’approche, effleure son bras musclé sous la blouse froissée. ‘T’es crevé ? Entre chez toi, j’ai soif.’ Il hésite, clé tremble. L’ascenseur redémarre en bas, ding ! Quelqu’un monte. Il ouvre vite. Je glisse derrière lui. Porte claque soft. Son appart pue la sueur d’hôpital et le café froid. Rideaux tirés, vue sur la cour sombre, lumières allumées en face, silhouettes qui bougent.
À peine la porte fermée, explosion. Il me plaque au mur, bouche sur la mienne, langue invasive. ‘Putain, t’es une salope depuis l’hosto’, grogne-t-il bas. Mains partout, peignoir tombe. Mes seins nus contre son torse dur. Je gémis, étouffé, ‘Chut, les voisins entendent tout.’ Il rit muet, descend, bouffe mes tétons. Je cambre. Odeur de son sexe qui bande déjà. ‘À genoux’, ordonne-t-il. Je glisse, pantalon blanc baisse. Sa queue raide, veines gonflées. Je l’avale, gorge profonde, salive coule. Il empoigne mes cheveux, baise ma bouche slow puis rapide. ‘T’aimes ça, hein, ma trader vicieuse.’ Bruits de télé en bas, rire idiot perce les murs fins. On étouffe tout. Il me relève, porte jusqu’au lit défait. Fesses en l’air, il lèche direct mon cul. Langue partout, lèvres écartées. ‘T’es trempée, salope.’ Je mords l’oreiller, ‘Lèche plus bas, oui là !’ Son nez dans mes fesses, langue sur le clito. Je jouis fort, bassin qui tremble, jus qui gicle sur ses lèvres. Il remonte, pénètre d’un coup. ‘Prends-la, ta voisine de palier.’ Coups de reins puissants, lit qui grince discret. Je chuchote sale, ‘Plus fort, remplis-moi, mais pas un bruit.’ Sueur colle nos peaux, odeurs de sexe emplissent la pièce. Fenêtre entrouverte, vent froid sur nos corps. Voisins en face murmurent, on se fige, puis reprend plus sauvage. Il alterne lent tendre, puis bêtes. Je jouis trois fois, cuisses qui lâchent. Il sort, gicle chaud sur mon dos. On halète, enlacés.
L’Approche
Respiration calme. Il caresse mon visage, doux comme à l’hosto. ‘Faut y aller.’ Je me rhabille vite, peignoir humide de sueur. Porte s’ouvre. Couloir glacé mord ma peau brûlante encore. Pas un son. J’entends sa porte se refermer soft. La mienne grince un peu. Clac. Dedans, je m’effondre contre le bois. Miroir du hall : cheveux en vrac, lèvres gonflées, cuisses poisseuses. Sourire idiot. Dehors, bruit d’ascenseur. Voisins passent sans voir. Moi, Anonyme, la blonde tranquille du troisième. Personne ne sait. Frisson total. Demain, salut banal au palier. Mais ma chatte pulse encore.