Le palier du troisième est glacial ce soir. Clés en main, je sors, direction clinique au coin de la rue. Ventre noué, insomnie qui creuse mes yeux. L’ascenseur grince, s’arrête. Portes coulissent. C’est lui, le voisin d’en face, 3B. Taxi de jour, regard qui fouille. Il voit tout. Ma détresse. Mon air de mater dolorosa.
— T’as une sale tête, Véronique. Où tu vas comme ça ?
L’Approche sur le Palier
Sa voix basse, rauque. Odeur de tabac froid. Je bredouille la clinique. L’avortement. Le chaos. Il pose son sac poubelle. Prend ma main froide. Comme dans son taxi l’autre jour, mais là, c’est le palier. Nos portes côte à côte.
— Retarde ça. J’y vais pour toi. Passe pour le père.
Insensé. Mais son regard doux m’embarque. Il frappe à la porte de la clinique dix minutes plus tard. Revient, souffle court. Nouveau RDV demain. Et si on passait la nuit chez moi ? À deux mètres de chez toi. Le frisson pur.
J’hésite. Bruit de pas dans l’escalier. Voisin du dessous qui monte. On se plaque contre sa porte. Son corps contre le mien. Chaleur monte. Sa main sur ma hanche. Je franchis le seuil. Porte claque doucement. Son appart minuscule. Cheminée électrique qui ronfle. Rideaux tirés sur la cour intérieure.
On boit un thé brûlant. Silence lourd. Ses yeux sur ma chute de reins quand je me lève. Pisser. Il me suit du regard. À mon retour, sa main sur la mienne. Électrique. Je porte ses doigts à mes lèvres. Il caresse mon visage. Sourire timide. Tension insoutenable.
Douche de fortune. Arrosoir d’eau chaude. Pas assez pour deux. On y va ensemble. Son espace exigu. Corps qui s’effleurent. Je le déshabille. Dextérité de salope en chaleur. Il gémit sous mes mains. Je le laisse durcir. Mais pas plus. Tease pure. Nu sous couvertures devant le feu. Il sur le sofa. Je m’endors, nue.
Minuit. Froid. Je remets une bûche factice. Chaleur remonte. Main entre cuisses. Je me caresse. Lentement. Il ne dort pas. Le sait.
— Viens. J’ai besoin de ta peau.
L’Explosion au Plus Près
Il glisse contre moi. Fesses contre son bas-ventre. Ses mains sur mes seins. Orgasme discret. Corps qui tremble. Chaleur intime.
À l’aube, face à face. Je masse ses fesses. Glisse main entre cuisses. Empare ses boules. Sa queue. Dure, pulsante. Sève qui monte. Je la branle. Rythme parfait. Il bande comme un fou.
— Lâche-toi sur mes seins.
Il craque. Giclées chaudes. Sur cou, visage. J’enduis. Suce mes doigts poisseux. Lui lèche lèvres. On s’endort collés.
La baise explose après. Sauvage. Voix basses. Sa queue en moi. Profonde. Coups de reins violents. Lit qui grince. On étouffe gémissements. Main sur bouche. Bruits du couloir : ascenseur qui s’arrête. Voisins qui rient. Porte qui claque. Adrénaline pure. Fenêtre donne sur cour. Rideau bouge. Quelqu’un fume en bas ?
— Baise-moi fort, mais tais-toi.
— Ta chatte mouille grave. T’es une salope de palier.
Sensations intenses. Sa bite qui gonfle. Mes ongles dans son dos. Orgasme qui monte. Étouffé. Corps secoué. Il se retire. Jouit sur ventre. Chaud. Viscéral. Peau qui brûle.
Retour. Je traverse le couloir. Nue sous manteau. Clés tremblent. Porte s’ouvre. Chez moi. Odeur familière. Je redeviens Anonyme. Voisine sage. Mais entre cuisses, sa semence coule encore. Frisson du risque. À quelques mètres.