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La lucarne du 14 bis

La fenêtre était entrouverte, laissant entrer l’air tiède de cette soirée d’août. Assis sur le bord du lit dans la petite chambre qu’on m’avait prêtée au dernier étage de la maison, je feuilletais distraitement un dossier technique. Mon stage chez ce cabinet d’architectes lyonnais durait déjà trois semaines et je commençais à m’habituer au rythme des journées longues suivies de soirées solitaires.

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Un bruit léger attira mon attention : un froissement de tissu, suivi d’un soupir. Je levai les yeux. Juste en face, à moins de dix mètres, la fenêtre du pavillon voisin était illuminée. Une femme d’une trentaine d’années, cheveux châtains mi-longs, se tenait debout dans ce qui semblait être sa chambre. Elle portait encore son tailleur de bureau mais avait déjà retiré sa veste. Ses doigts défaisaient lentement les boutons de son chemisier blanc.

Je restai immobile, le cœur battant soudain plus fort. Elle ne pouvait pas me voir ; ma propre lampe était éteinte et les rideaux à moitié tirés me dissimulaient. Pourtant, je me sentais exposé. Elle fit glisser le chemisier sur ses épaules, révélant un soutien-gorge en dentelle noire qui contrastait avec sa peau claire. Ses gestes étaient naturels, sans hâte, comme si elle se déshabillait chaque soir sous le regard invisible des toits de la Croix-Rousse.

Je posai le dossier à côté de moi. Ma respiration s’était accélérée. Elle se tourna légèrement pour dégrafer sa jupe qui tomba à ses chevilles. Des bas autofixants soulignaient la courbe de ses cuisses. Elle s’assit sur le rebord de son lit, face à moi sans le savoir, et fit rouler lentement l’un des bas le long de sa jambe. Quand elle se pencha pour retirer le second, ses seins se pressèrent l’un contre l’autre dans le balconnet.

Mon sexe durcit instantanément. Je n’avais pas prévu cela en acceptant l’offre de logement de Claire, ma supérieure de stage. Elle habitait cette grande maison familiale divisée en appartements et m’avait installé dans l’ancienne chambre de son frère, partie vivre à Bordeaux. La voisine, je l’avais croisée deux fois dans la rue : elle s’appelait Élise, travaillait dans une agence de communication et semblait toujours pressée.

Ce soir-là, elle ne l’était pas. Elle se leva, dégrafa son soutien-gorge et le laissa tomber. Ses seins étaient ronds, lourds, avec des aréoles sombres. Elle passa les pouces sous l’élastique de sa culotte et la fit descendre jusqu’à ses chevilles avant de l’enjamber. Complètement nue maintenant, elle s’étira, cambrant le dos. Puis elle s’allongea sur le lit, les jambes légèrement écartées.

Sa main droite glissa sur son ventre, descendit plus bas. Quand ses doigts atteignirent son sexe, elle ferma les yeux et laissa échapper un gémissement audible malgré la distance. Je ne pouvais plus détacher mon regard. Elle se caressait avec une lenteur experte, traçant des cercles autour de son clitoris, glissant un doigt entre ses lèvres brillantes. Son bassin ondulait doucement.

Je défis ma ceinture sans bruit, sortis mon membre tendu et commençai à me caresser au même rythme qu’elle. La sensation était intense, presque électrique. Elle accéléra soudain, deux doigts en elle maintenant, le pouce pressant son bouton. Ses hanches se soulevaient du matelas. Je serrai plus fort, imaginant la chaleur humide qui devait l’envelopper.

Elle jouit la première. Son corps se raidit, sa tête bascula en arrière, et un cri étouffé traversa la nuit. Je la suivis quelques secondes plus tard, éjaculant violemment sur mon ventre tandis que ses cuisses tremblaient encore.

Le lendemain matin, je descendis prendre le café dans la cuisine commune. Claire était déjà partie au bureau. J’entendis la porte d’entrée s’ouvrir. Élise apparut, un sac de courses à la main. Elle portait un jean et un haut léger. Nos regards se croisèrent.

— Bonjour, dit-elle avec un sourire poli. Vous êtes le stagiaire de Claire, c’est ça ?

— Oui, Mathieu. Enchanté.

Elle posa son sac et s’approcha de la machine à café.

— J’espère que la chambre n’est pas trop bruyante. Les murs sont fins par ici.

Je sentis mes joues chauffer. Avait-elle remarqué quelque chose ?

— Non, tout va bien. La vue est… agréable.

Elle haussa un sourcil, amusée.

— La vue ? Vous parlez des toits ou de ma fenêtre ?

Le silence qui suivit fut chargé. Elle se mordilla la lèvre inférieure.

— Je vous ai vu hier soir, Mathieu. Vous n’étiez pas très discret quand vous avez bougé la lampe pour mieux voir.

Je restai sans voix. Elle éclata d’un rire doux.

— Ne faites pas cette tête. J’aurais pu fermer les rideaux. Je ne l’ai pas fait.

Elle s’approcha encore, jusqu’à ce que je sente son parfum.

— Ce soir, si vous voulez une meilleure place, la porte de derrière reste ouverte après vingt-deux heures. Troisième étage, appartement de gauche.

Elle prit son café et sortit sans ajouter un mot.

La journée au cabinet fut interminable. Je repensais sans cesse à ses cuisses ouvertes, à son cri. À vingt et une heures trente, je rentrai. Claire était sortie dîner avec des amis. Je pris une douche, enfilai une chemise propre et, à vingt-deux heures précises, je poussai la porte du jardin voisin.

L’escalier était étroit, les marches en bois craquaient. Au troisième, la porte était entrebâillée. J’entrai.

Élise m’attendait dans le salon, vêtue d’une robe courte en soie noire. Ses cheveux étaient détachés.

— Tu as mis du temps, murmura-t-elle.

Elle s’approcha et m’embrassa sans préambule. Sa langue était chaude, exigeante. Mes mains glissèrent sur ses hanches, remontèrent sous la robe. Elle ne portait rien en dessous.

— Depuis combien de temps tu me regardes ? demanda-t-elle entre deux baisers.

— Hier soir était la première fois.

Elle rit doucement contre ma bouche.

— Menteur. J’ai senti ton regard plusieurs soirs. Ça m’excitait.

Elle me guida jusqu’à sa chambre, celle que j’avais observée. Le lit était défait. Elle me poussa dessus et s’agenouilla entre mes jambes. D’un geste précis, elle ouvrit mon pantalon et libéra mon sexe déjà dur.

— Regarde-moi bien cette fois, dit-elle avant de le prendre dans sa bouche.

Ses lèvres glissaient le long de ma verge, sa langue tournait autour du gland. Je grognai, les doigts dans ses cheveux. Elle accéléra, puis ralentit, jouant avec moi. Quand elle sentit que j’approchais, elle se releva, retira sa robe d’un mouvement fluide et s’installa à califourchon sur moi.

Son sexe était trempé. Elle descendit lentement, m’engloutissant entièrement. Un soupir rauque lui échappa. Elle commença à bouger, les mains posées sur mon torse, ses seins oscillant au rythme de ses hanches.

— Touche-moi, ordonna-t-elle.

Je pinçai ses tétons, les roulai entre mes doigts. Elle accéléra, frottant son clitoris contre mon pubis à chaque descente. La chambre sentait le désir et le jasmin. De ma position, je voyais la fenêtre par laquelle je l’avais espionnée la veille. L’idée m’excita encore plus.

Elle jouit en criant mon prénom, ses muscles internes se contractant autour de moi. Je la retournai aussitôt, la plaçant à quatre pattes. Je la pris par derrière, profondément, mes mains agrippant ses hanches. Chaque coup de reins la faisait gémir plus fort. Je glissai une main sous elle pour caresser son clitoris gonflé.

— Encore, haleta-t-elle. Plus fort.

Je donnai tout ce que j’avais. Quand l’orgasme me submergea, je me retirai et éjaculai sur ses reins, longuement, pendant qu’elle tremblait encore de plaisir.

Nous restâmes un moment allongés, essoufflés. Elle se tourna vers moi, un sourire satisfait aux lèvres.

— Demain soir, j’invite une amie à prendre un verre. Elle habite deux rues plus loin et adore les histoires de fenêtres mal fermées. Tu veux te joindre à nous ?

Je caressai sa cuisse, sentant déjà le désir revenir.

— À quelle heure ?

Elle rit et m’embrassa à nouveau.

Les nuits suivantes furent encore plus intenses. La lucarne du 14 bis était devenue mon point d’ancrage dans cette ville que je commençais à vraiment aimer.

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