L’ascenseur s’arrête au cinquième. Grincement familier. J’entends ses pas lourds dans le couloir étroit. C’est lui, numéro 3, mon voisin d’en face, le mec bronzé qui fait du sport dans son salon. Porte qui claque chez les vieux du 5C. Je guette par l’œilleton. Il sort de chez lui, short moulant, torse nu luisant de sueur. Nos regards se croisent. Tension immédiate. Sourire en coin. ‘Salut, Anonyme. T’as l’air… tendue.’ Sa voix grave vibre dans le silence du palier. Je hausse les épaules, clé en main. ‘Viens.’ Il hésite une seconde. Bruit de clé dans la serrure d’à côté. On se plaque contre le mur. Son souffle chaud sur mon cou. J’ouvre ma porte. Franchir le seuil. À quelques mètres de chez moi. Cœur qui cogne. Il entre. Porte refermée sans bruit. ‘T’es folle, là. Les murs sont fins.’ Je plaque ma main sur sa bouche. ‘Chuut.’
Ses mains agrippent mes hanches. On s’embrasse voracement. Langues qui s’emmêlent, goût de sel sur sa peau. Je le pousse contre le mur de l’entrée. Vue par la fenêtre sur la cour intérieure, lumières allumées chez les voisins d’en face. Ils pourraient nous voir. Frisson. Il soulève ma jupe, doigts rugueux sur ma culotte trempée. ‘T’es déjà prête, salope de voisine.’ Voix basse, rauque. Je griffe son torse. ‘Baise-moi fort, mais tais-toi.’ Il me retourne, face au mur. Short baissé. Sa queue dure contre mes fesses. Lubrifiant naturel, ma mouille qui coule. Il entre d’un coup. Gémissement étouffé dans mon poing. Couloir dehors, pas de quelqu’un qui passe. On s’immobilise. Reprise lente. Va-et-vient brutaux, hanches qui claquent doucement. ‘Ton cul est à moi, Anonyme.’ Souffle dans mon oreille. Je cambre. Plaisir monte, viscéral. Sa main gauche sur ma gorge, droite qui pince mes tétons. Sensations intenses. Cage thoracique qui brûle. Odeur de sueur, de sexe. Fenêtre ouverte, brise fraîche sur nos corps en feu.
L’Approche au Palier
Il accélère. ‘Je vais te remplir.’ Dialogues sales chuchotés. ‘Vas-y, défonce-moi, voisin.’ Corps qui tremble. Orgasme qui explose. Mes jambes flageolent, je mords son épaule pour ne pas hurler. Il grogne bas, se retient. Jet chaud en moi. On glisse au sol, essoufflés. Bruits de l’immeuble : ascenseur qui redémarre, télé chez les 5A. Il sort doucement. Semence qui coule sur mes cuisses. Baiser rapide. ‘Prochaine fois, chez toi ?’ Je secoue la tête. ‘Non. Le risque, c’est ici.’ Il rit doucement. Se rhabille. Moi aussi. Jupe froissée, cheveux en bataille. J’ouvre la porte. Couloir désert. Je traverse les deux mètres jusqu’à chez moi. Clé tremble dans la serrure. Porte fermée. Je m’adosse au battant. Peau qui brûle encore, chatte qui palpite. Miroir : joues rouges, lèvres gonflées. Je redeviens Anonyme, la voisine tranquille. Café en main demain, sourire poli au palier. Secret enfoui. Frisson qui dure.