Le palier sent le vieux linoléum et la peinture écaillée. Quatrième étage, immeuble des années 70, murs fins comme du papier. J’entends les voisins du dessous, leur télé qui braille un match de foot. Toc-toc-toc, les talons de Mme Dupont qui descend l’escalier. Je suis là, foulard blanc noué sur la tête, chimio qui m’a rasée les cheveux, robe pâle qui flotte sur ma peau fragile. Vie tranquille : mari, gamin, cuisine impeccable. Mais ce soir, mon cœur cogne.
L’ascenseur dingue. Portes qui grincent. Il sort. Grand, tatoué noir des épaules aux poignets, blouson râpé, regard sombre qui bouffe tout. Le type du 4B, condamné à des travaux d’intérêt général dans le quartier. Hier, au centre médical d’à côté, il frottait le carrelage en pestant. On s’est croisés. Son insulte mordante. Mon silence triste. Puis le muguet, maladroit, dans ma paume. ‘Pour le sale con que j’ai été.’ J’ai respiré sa fragrance pure. Battement de cœur fugace.
L’Approche
Maintenant, ici, sur le palier étroit. Nos portes face à face. Il me fixe, seau et serpillière oubliés au pied de l’escalier. Tension électrique. Bruit de chasse d’eau chez les Dupont. Un gosse qui pleure au troisième. Il avance d’un pas. Son souffle chaud frôle mon foulard. ‘Sœur Teresa, t’es pas perdue ?’ Moqueur, bas. Ma chatte palpite déjà. Je recule pas. Main sur sa poitrine tatouée. Dur, brûlant sous le tissu. ‘Entre,’ je murmure. Seuil franchi. Sa porte claque. Rideau tombe.
Dans son appart miteux. Odeur de bière et tabac froid. Fenêtre donne sur la cour sombre, lampadaires qui zèbrent les murs. Stores baissés, mais on entend tout : klaxon lointain, poubelles qui claquent. Il me plaque contre le mur du couloir. Mains rudes sur mes hanches. ‘Putain, t’es fragile comme un fantôme.’ Je gémis soft. Foulard qui glisse. Tête nue, crâne lisse. Il grogne. ‘T’es belle comme ça.’ Bouche sur la mienne, langue invasive, goût de rage et de bière.
L’Explosion
Il me soulève. Jambes autour de sa taille. On titube jusqu’au salon. Canap’ usé, couvert de fringues. Il me jette dessus. Robe relevée d’un coup. Culotte arrachée. ‘T’es trempée, salope de voisine.’ Voix rauque, chuchotée. Doigts qui fouillent ma fente. Je mords mon poing pour pas hurler. Bruits étouffés. Voisins qui parlent fort derrière le mur mitoyen. Son pantalon chute. Bite énorme, veines saillantes, tatouages qui rampent jusqu’à l’aine. ‘Suce-la.’ Je m’agenouille. Gorge profonde. Il empoigne mes oreilles. ‘Ouais, avale tout, petite sainte.’ Salive qui coule.
Il me remet à quatre pattes. Fenêtre entrouverte, air frais sur ma peau moite. Vue sur les balcons d’en face, lumières tamisées. Il claque ma fesse. ‘T’aimes le danger, hein ? A quelques mètres de ton mari.’ Pénètre d’un coup. Brutal. Je mords l’oreiller. Coups de reins sauvages, table qui tangue. ‘Ta chatte serre comme une vierge.’ Dialogues sales, bas : ‘Baise-moi fort, sale con.’ Il accélère. Sueur qui goutte. Corps qui claque, étouffé par nos souffles. Orgasme monte. Vague. Je jouis en tremblant, ongles dans ses cuisses. Il explose dedans, grognant. Semence chaude qui déborde.
Paupières lourdes. Il se retire. Bite luisante. On halète. Couloir dehors : pas lourds, quelqu’un monte l’escalier. ‘File.’ Je me rhabille vite. Foulard renoué. Cul qui brûle, cuisses poisseuses. Porte s’ouvre. Palier froid. Je traverse en trois pas. Ma porte. Clé tremble. Dedans : lumière douce, mari qui lit le journal. ‘T’étais où ?’ ‘Balcon, regarder les étoiles.’ Sourire innocent. Peau encore rouge, chatte qui palpite. Odeur de sexe sous le foulard. Muguet fané sur la table. Instant volé. Frisson éternel.