Le palier est désert ce soir-là. J’entends l’ascenseur qui s’arrête à notre étage avec son grincement habituel. La porte s’ouvre. C’est lui, Patriarcus, mon voisin d’en face. Il sort les bras chargés de courses, son tee-shirt moulé sur ses pecs. Nos regards se croisent. Feu. Je suis en nuisette légère, prête pour notre jeu. ‘Salut, Orana’, murmure-t-il d’une voix rauque. Je souris, le cœur qui cogne. Les voisins du dessus font du bruit, leurs pas lourds dans le couloir. On a convenu du scénario par texto : lui l’écolo infiltré, moi la chancelière. Il pose ses sacs, sort sa clé. Je m’approche, frôle son bras. ‘Entre chez toi, Patriarcus. J’arrive.’ Il obéit, disparaît dans son appart. J’attends deux minutes. L’ascenseur redémarre, un couple rit en passant. Tension max. J’insère ma copie de sa clé – notre secret. La porte cliquette. Intérieur sombre, odeur de mâle. Il est déjà nu, attaché sur la table de sa cuisine, liens solides aux poignets et chevilles. Parfait. J’allume la lumière tamisée. Mon trousseau tinte près de la porte. Il feint l’éveil paniqué. ‘Enfin, tu es réveillé… Je suis Orana, chancelière de ces lieux.’ Son sexe tressaute déjà.
Je m’avance, nuisette transparente. Sa queue durcit sous mon regard. ‘Désolé, rien de moi’, grogne-t-il. Je ris bas. ‘On verra.’ Bruits dehors : quelqu’un tousse dans l’escalier. Je pose mes lèvres près des siennes. Il tourne la tête. Défi. Mes doigts massent son crâne, l’autre main sur son torse. Tétons pincés. Il se tend. Deuxième essai bisou, esquive. Troisième : je suce son lobe. Il pivote, je plaque ma bouche sur la sienne. Victoire. Langue invasive. Il ferme les yeux. Je glisse un préservatif dans ma bouche – discrétion. Contourne la table, doigts traînant sur sa peau. Monte à califourchon. Chaleur de nos corps. Parfum sucré. Souffle sur ses yeux clos. Mon sexe frotte le sien, humide, brûlant. Il ouvre les yeux au premier gémissement – étouffé, main sur bouche. Vue par la fenêtre : lumières de la rue, voitures qui klaxonnent. Poitrine qui balance, tétons durs sous soie. Sueur coule. Je l’encule d’un coup, jusqu’à la garde. Va-et-vient lents. ‘Nous voici, toi Patriarcus mon prisonnier, moi Orana ta chancelière…’ Voix rauque, basse. Discours transcendantal sur union, fécondation, écoféminisme. Hanches cambrées. Spasmes. Il jouit fort, je l’étouffe d’un baiser. Extase éternelle. Silence. Complicité.
L’Approche : Tension électrique au palier
Baiser passionné. Il sourit : ‘Ton scénario m’a épaté ! Cette radioactivité qui émane de toi…’ Je ris : ‘Merci, Patriarcus. Safe-word ?’ ‘Circlusion !’ Jeu fini. Je descends, détache vite. Peau qui brûle encore. Vite, nuisette remise. Traverser le couloir. Bruits : télé des voisins, ascenseur qui monte. Je ferme sa porte sans un son. Deux mètres, ma porte. Clé tremblante. Dedans, je m’effondre. Voisine sage à nouveau. Mais ma chatte palpite, souvenirs du palier, du risque. Demain, on se croisera innocents. Frisson garanti.