L’ascenseur s’arrête au troisième. Grincement familier. J’entends la porte palière claquer doucement. C’est lui. Christophe. Mon voisin d’à côté. J’ouvre ma porte sans bruit, juste pour jeter un œil. Il est là, clé en main, chemise froissée après sa journée. Nos regards se croisent. Tension immédiate. Sourire complice. ‘Sophie, ma chérie’, murmure-t-il bas, pour pas réveiller le couple du 3B qui ronfle déjà. Le couloir sent le repas du soir, oignons frits de chez la vieille du 3A. Il s’approche. Son souffle chaud sur mon cou. ‘Viens vite, avant que quelqu’un sorte.’ Mon cœur cogne. Je franchis son seuil. Porte refermée. À deux mètres de chez moi. Le frisson me mouille déjà.
Ses lèvres contre les miennes. Douces. ‘Mon amour, Sophie.’ Pas d’insultes, que du miel. Ses mains glissent sous mon tee-shirt. Tétons durs. Il sait y faire, en dix ans il a appris. On s’embrasse vorace, mais chut. Les voisins du dessous tapent dans les murs si on fait trop de bruit. Il me plaque contre la porte d’entrée. Jupe relevée. Slip arraché. Doigts experts sur mon clito. Je gémis bas. ‘Chut, ma Sophie.’ Sa queue bande dur contre ma cuisse. Vue par la fenêtre : la cour de l’immeuble, lumières des apparts allumées. Quelqu’un pourrait lever les yeux. Adrénaline pure.
L’Approche sur le Palier
On bascule sur son lit. Pyjama austère jeté. Nue. Lui aussi. ‘Je te veux, rien que toi.’ Il me lèche partout. Langue dans ma vallée humide. Cyprine qui coule. Je griffe son dos. ‘Christophe, oui.’ Hanches qui remuent. Papa pique, maman coud. Il entre en moi. Doucement vigoureux. Coups profonds. Je mords l’oreiller pour pas hurler. Bruits étouffés : claquements de peau, succions humides. ‘T’es bonne, Sophie. Serre-moi.’ Dialogues sales à voix basse. ‘Baise-moi fort, mais pas de bruit.’ Ses grognements rauques. Mon plaisir monte. Animal comblé. Il accélère. ‘Je vais jouir.’ Moi aussi. Explosion ensemble. Corps tremblants. Sueur. Odeur de sexe qui emplit la pièce.
Paresse après. Mains qui voyagent. Sa queue ramollie, je la caresse. Il lèche mes seins. ‘Reste.’ Mais non. L’ascenseur bourdonne au loin. Risque de croiser quelqu’un. ‘Debout, toilette rapide.’ Douche froide ensemble. Rires bas. Séchage hâtif. Je remets mon pyjama. Lui son boxer. Porte ouverte. Couloir vide. Trois mètres à parcourir. Peau qui brûle encore. Cyprine qui goutte le long de ma cuisse. J’entends la télé du 3B. Sourire à Christophe. ‘À bientôt, ma chérie.’ Clé dans ma serrure. Dedans, je suis redevenue Anonyme. La voisine tranquille. Thé en sachet. Tartine de miel. Personne ne sait. Mon secret de quartier palpite encore entre mes jambes.