Le jeudi matin, neuf heures passées. La maison immense à Rueil respire le calme. Papa au Chili, maman absente. Danielle s’active en bas, bruit de vaisselle qui tinte. Mon cœur cogne encore après l’altercation. J’ai crié sur Garance. Ma jumelle. Ma voisine de palier, à trois portes. Le couloir sombre s’étire, œil-de-bœuf filtre la lumière de mai sur Paris. Je saisis l’ordi, pieds nus sur le parquet froid. Peur qu’elle pleure. Ou pire, qu’elle se touche seule. Frisson dans le ventre. Je traverse le palier. Pas un bruit. L’ascenseur familial – relique de la vieille bâtisse rénovée – bourdonne au loin, étage du bas. Tension monte. Et si Danielle monte ? Toc toc. Ma voix tremble : « Gaga, c’est moi. Ouvre. » La porte s’entrouvre aussitôt. Elle était collée derrière. Yeux rougis, cheveux humides. Jean débardeur violet. Elle m’attrape le bras, tire dedans. Verrou claque. Odeur de son gel douche, mélange à ma moiteur. « Excuse-moi », je murmure. Elle pose l’ordi sur son lit défait. Bastien sourit à l’écran. « Reste. » Son regard suppliant. Le mien glisse sur son nombril. Couloir oublié. Seuil franchi. Adrénaline pure.
Dans sa chambre, rideaux tirés. Vue floue sur le balcon privatif, piscine en contrebas. Musique Superbus monte de chez moi, porte ouverte exprès ? Non, j’ai fermé. Voix basse, sales. « T’étais en train de te toucher ? » Elle hoche la tête, rougit. « Et toi ? » Je hausse les épaules. Chemise de nuit noire glisse sur mes cuisses. Elle défait sa braguette. Ziiip discret. Jean sur genoux. Culotte abaissée. Toison brune, lèvres gonflées. Index plonge. Bruit humide, étouffé. « Viens. » Je m’assois au bord du lit. Remonte ma chemise. Nue dessous. Rasée. Doigts sur clito, cercles lents. « Putain, Gaga… » Elle gémit soft : « Mélie… regarde Bastien. Imagine sa queue. » Non. C’est elle qui m’allume. Sa main accélère. Schlop schlop, couette étouffe. Mes cuisses tremblent. Odeur de mouille monte. Ventre noué. « T’es trempée. » « Toi aussi. Touche plus fort. » Fenêtre craque au vent. En bas, Danielle aspire le salon. Risque zéro ? Non. Un cri trop fort, et tout capote. Je pince mon téton. Elle halète : « J’vais jouir… » Doigts fous. Mon index inside, deep. Orgasme la frappe d’abord. Corps arc-bouté, yeux révulsés. « Ahh… merde ! » Jus coule sur drap. Moi après. Vague brûlante. Jambes raides. Cri coincé en gorge. « Gaga… oui ! » Peau moite colle nos bras. Silence haletant. Bastien oublié à l’écran.
L’Approche sur le Palier
Elle se redresse, culotte relevée. Jean reboutonné. « T’es dingue. » Sourire complice. Je me lève, jambes flageolantes. Peau brûle encore, chatte pulse. « Faut que j’y aille. Cours. » Elle acquiesce. Déverrouille. Je sors. Couloir vide. Pas de Danielle. Bruit d’aspirateur lointain. Palier traversé en catimini. Porte de ma chambre claque soft. Verrou. Je m’effondre sur lit tiède. Odeur de mon plaisir persiste. Superbus tourne en boucle. Regard par baie vitrée : Paris s’éveille. Souriante. Normale. La voisine tranquille. Personne ne sait. Sauf ma peau qui picote. Frisson du palier. Encore.