Le palier craque sous mes pas. Fin mai, l’air lourd monte de la rue de la Gaieté. J’entends l’ascenseur s’arrêter au troisième. Grincement familier. Porte qui s’ouvre. Mustapha sort, sa serviette usée à la main. Il pue la sueur du chantier, mais ses yeux sombres me transpercent. Deux mètres nous séparent. Ma porte, la sienne. Voisins d’à-côté depuis des mois. Personne ne sait. Je sors juste, clé en main. Robe légère, slip visible. Il mate. Sa braguette gonfle déjà. ‘Bonsoir Maria.’ Voix rauque, accent algérien. Je souris, frôle son bras. Tension électrique. Bruits du couloir : télé des vieux au rez-de-chaussée, qui hurle un match. Ascenseur redescend, vrombissement. Je murmure : ‘T’es tendu ce soir.’ Il avale sa salive. Sa main effleure mes fesses. Le seuil appelle. Sa porte entrouverte. J’hésite. Frisson du risque. Voisins qui passent ? Non. Je pousse. Il me suit. Porte claque doucement. Dedans, son studio étouffant. Gamelle vide sur table. Lit défait. ‘Douche vite fait ?’ Il secoue la tête. ‘Non, maintenant.’ Ses lèvres sur mon cou. Je cède. Franchissons le seuil. Adrénaline pure.
À genoux sur son lit. Chemise de nuit arrachée. Sa queue jaillit, énorme, sombre, veinée. ‘Ouallah, Maria, t’es chaude.’ Je ris bas. Préservatif craque déjà. Il bande trop fort. Première éjac : giclée sur mes seins. Chaud, épais. J’avale ce que je peux, langue vorace. ‘Putain Mustapha, attends !’ Il halète : ‘J’peux pas, c’est toi.’ Corps poilu contre le mien. Odeur de mâle. Je le chevauche. Lentement. Elle entre, déchire. ‘Aaaah !’ Cris étouffés. Fenêtre ouverte, klaxons rue en bas. Voisins entendent ? Je mords son épaule. Il empoigne mes hanches. Coup de reins violent. Je hurle dans sa main. ‘Chut, Maria, li zob va te baiser.’ Dialogues sales, chuchotés. ‘Baise-moi fort, ton zob énorme.’ Il inverse. Levrette. Tire mes cheveux. Fesses claquées. Coups de boutoir bestiaux. Lit grince. Couvre les bruits ? Non. Télé voisine monte. ‘Hon hon hon !’ Je gémis bas. Sa queue palpite, au fond. Sensations folles : chaleur, plénitude, brûlure. Il accélère. ‘J’vais jouir, salope portugaise.’ Je jouis avant. Corps secoué, jus coule. Il explose. Préservatif tendu à bloc. Sperme déborde. Peau en feu. Épuisés, collés.
L’Approche
Il se retire. Queue ramollie luit. Je me rhabille vite. Peau poisseuse, brûlante encore. ‘Faut y aller.’ Il embrasse mon cou. ‘Reviens vite.’ Je sors. Couloir sombre. Pas un bruit. Ascenseur arrive, je plaque contre mur. Deux portes plus loin, chez moi. Clé tremble. J’entre. Rideau tiré. Voisine tranquille. Corps palpite. Cuisses humides. Souffle court. Personne ne sait. Demain, bonjour poli au palier. Secret intact. Frisson persiste.