Le froid nous mord la peau en sortant du taxi. Raphaël me serre contre lui, sa main déjà sous mon manteau. L’immeuble est là, à deux pas de sa ganterie. On pousse la lourde porte vitrée. Bruit de pas lourds au-dessus, un voisin rentre saoul. L’ascenseur s’ouvre dans un ding métallique. Dedans, l’odeur de vieux tabac et de pierre humide. On monte au troisième. Ses lèvres sur mon cou, je retiens un gémissement. L’ascenseur tremble, s’arrête au deuxième. Une porte claque au loin. Cœur qui cogne. On sort. Palier étroit, ampoule qui grésille. Sa porte, juste en face de la mienne. Voisins de palier depuis des mois, sans se parler. Ce soir, tout bascule. Il fouille ses poches, clé qui tinte. Je colle mon corps au sien, sens sa queue dure contre mon ventre. ‘Ouvre vite’, je murmure. La serrure clique. Il me tire dedans, claque la porte. Plus de bruit du couloir. Juste nous.
À peine le seuil franchi, c’est l’explosion. Il me plaque contre le mur de l’entrée. Bouche vorace sur la mienne, langues qui s’emmêlent. J’arrache sa chemise, boutons qui sautent. Ses mains gantées de désir défont mon chemisier, tétons qui pointent durcis. ‘T’es à moi ce soir’, grogne-t-il bas. Je glisse à genoux sur le carrelage froid. Braguette qui descend, sa queue jaillit, épaisse, veinée. Je sors une capote de ma poche, la déroule d’un geste. La prends en bouche, aspirant fort. Il gémit, main dans mes cheveux. ‘Chut, les voisins’, je souffle. Il hoche la tête, mord sa lèvre. Je lèche ses couilles rasées, remontant jusqu’au gland. Champagne ? Il attrape la bouteille posée là, la secoue. Bouchon saute, mousse partout. Il verse dans ma bouche ouverte autour de sa bite. Froid pétillant sur la capote, je suce plus fort. Il me relève, arrache ma jupe. Nu sur le canapé, veilleuse tamisée. Vue par la fenêtre sur la cour intérieure, lumières des apparts voisins. Il verse le champagne sur mes seins, lèche, mordille. Je cambre. Ses doigts écartent mes lèvres, langue qui fouille mon sexe trempé. ‘Regarde-moi jouir’, ordonne-t-il. Yeux dans les yeux, il suce mon clito. Vague monte, je mords mon poing pour ne pas crier. Bruit d’une chasse d’eau au-dessus. ‘Baise-moi maintenant’. Il enfonce sa queue d’un coup, jusqu’au fond. Je mords son épaule. Coups de reins brutaux, canapé qui grince. ‘T’aimes ma queue au fond de ton ventre ?’ chuchote-t-il sale. ‘Oui, lime-moi fort’. On alterne positions, moi à califourchon, ses mains sur mes hanches. Gémissements étouffés, souffles rauques. Orgasme explose, je convulse autour de lui, yeux rivés aux siens. Il jouit en râlant bas, front contre le mien.
L’Approche : Tension au Palier
On s’effondre, plaqués nus. Son érection fond, il se retire. Plaid sur moi, il file à la salle de bain. Je sombre, épuisée. Matin gris filtre par la fenêtre. Il est parti, mot sur la table : ‘À l’atelier. À bientôt ?’ Je griffonne ‘Oui’ au dos. Rhabille mes fringues froissées. Corps encore luisant de sueur et champagne séché. J’entrouvre la porte. Couloir vide, odeur de café du dessous. Je traverse les deux mètres jusqu’à chez moi, clé tremblante. Peau qui brûle, sexe douloureux. Porte close derrière moi. Café chaud, je m’assois. Voisine tranquille à nouveau. Mais le frisson du palier hante déjà la prochaine nuit.