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Ma baise interdite au cimetière avec Hugo, mon voisin du quartier

La fête chez Thomas cognait encore dans les murs de l’immeuble. Musique trop forte, rires forcés. J’ai filé par l’escalier, cape sur les épaules, talons claquant sur le béton. Palier du troisième, porte d’Hugo entrouverte. Il sortait, veste ajustée, sourire nerveux. Nos regards se croisent. Tension immédiate. À quelques mètres de chez moi, ce mec du quartier que je mate depuis des semaines par la fenêtre.

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— Faut qu’on se barre, chuchote-t-il. Trop de monde.

L’Approche

Je hoche la tête. On descend l’ascenseur qui s’arrête à chaque étage, grincements mécaniques, odeur de pisse rance. Au rez-de-chaussée, le couloir résonne des voisins qui rentrent saouls. Bruits de clés, éclats de voix étouffés. On pousse la porte de l’immeuble, rue déserte, lampadaires orange sale, poubelles qui débordent, scooter de travers. Le cimetière municipal à deux pas, enfilade de stèles derrière le portail rouillé.

— T’es sûre ? demande-t-il, main sur la grille.

Mon cœur bat fort. Frisson du risque, à cent mètres de nos lits. On franchit. Gravier crisse sous nos pas. Air froid, chrysanthèmes fanés. Tombe de Louise, 1896-1917, gravée net. Il sort la flasque d’hydromel, verse un filet, boit. Je bois. Chaleur pique la gorge. Cercle brillant autour de la bougie blanche. On avance vers le mausolée moussu.

À l’intérieur, humidité colle à la peau. Moisissure, épitaphes bosselées. Il pousse la porte. Flash de portable. Je lui plaque la main sur la bouche. Paume chaude. Yeux dans les yeux. Cape glisse sur la dalle froide. Je m’assois, bas accrochent la lueur. Jambes croisées. Tension électrique.

Il allume les bougies, mèches courtes. Flammes vibrent. Poussière, insectes figés. Il s’approche, effleure ma bouche. Rire gêné. Baiser long, langues chaudes. Chaleur monte, chasse le froid de la pierre.

Dehors, bruit d’une voiture au loin, cyprès étouffent le son. Voisins invisibles, fenêtres allumées visibles par les barreaux. On est si près, à un jet de gravier de l’immeuble.

Cape étalée. Je m’étends, bras levés. Il grimpe, chemises ouvertes. Doigts hésitants sous mon haut. Pointe de sein durcit entre phalanges. Arc-boutée, souffle claque contre mur.

— Vampire, murmure-je, pouce sur sa lèvre. Mords-moi.

Bouche descend, baiser sur peau fraîche. Soupir. Cheveux tirés, je bascule.

— Viens, Hugo.

Il entre. Surprise partagée. Chaleur envahit, corps s’ajustent. Paume sur hanche, doigts enfoncés. Rythme monte, silhouettes secouées sur mur. Lumière crue sur nos peaux luisantes.

L’Explosion

— Sens ça ? chuchote-t-il, voix rauque.

— Ils écoutent. Continue, baise-moi fort.

Plus profond. Cuisses serrées. Ongles dans dos. Bouche sur gorge, morsure légère. Sueur perle, goutte-à-goutte au mur compte secondes. Bougie s’éteint. Noir total. Jour pâle par barreaux. On guide : « Là, comme ça, plus vite. » Rires courts, gémissements étouffés. Peur d’être entendus du quartier.

Frisson remonte. Goutte-à-goutte stoppe. Porte bouge d’un souffle. Cloche lointaine tinte, pas d’église près. Je mords lèvre, sang goûté. Dos cambré, cuisses verrouillées. Il retient souffle, explose en moi. Vibrations, cœurs martèlent. Odeur cire-sueur.

Battement sec dehors. Corbeau s’envole. On reste collés, souffles syncopés.

— On est entendus, dit-il.

— Ou trop bruyants pour Louise.

On se rajuste. Rouge aux joues, peau brûlante. Sortie du mausolée. Gravier avale pas. Devant Louise, cercle cire parfait, L sombre au centre. Froid rayonne. Chair de poule.

— Elle sait, murmure-je.

Il efface marque, prend mon poignet. Portail grince. Rue nous avale. Lampadaires, poubelles. Chez moi à deux rues.

— Pas ce soir, dis-je.

Sourire doux. Je traverse couloir d’immeuble seul. Ascenseur bourdonne, voisin tousse derrière porte. Clés tremblent dans serrure. Dedans, chambre silencieuse. Peau encore fiévreuse, chatte humide. Odeur chrysanthème s’invite. Louise ? Je souris dans noir. Voisine tranquille demain, mais cette nuit, fantôme complice.

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