Le palier de l’immeuble sent la peinture écaillée et le tabac froid. Grande Place en bas, pavée de ces pierres pâles qui ont vu du sang. Mon 3e étage, porte 12. La sienne, juste en face, 11. On se croise tous les jours. L’ascenseur grince, s’arrête entre deux étages. Bruits de voisins : Mme Kowalski qui tousse derrière son mur, le chien du 2e qui gratte. Ce soir, il sort de chez lui en t-shirt moulant, jean usé. Regard qui accroche le mien. ‘Salut, voisine.’ Voix basse, rauque. Je porte ma robe légère, celle qui frôle mes cuisses. Tension monte direct. Odeur de café brûlé monte des rez-de-chaussée, pigeons qui roucoulent sur le toit.
Je passe devant sa porte. Il pose la main sur mon bras. Chaleur immédiate. ‘Entre une seconde ?’ Pas une question. Je sais ce que ça veut dire. Couloir étroit, ampoule qui clignote. Bruits du quartier : klaxons lointains, verres qui tintent aux terrasses. Je franchis le seuil. Porte claque doucement. Son appart minuscule, vue sur la place par la fenêtre entrouverte. Rideaux jaunis, lit défait. Il ferme à clé. Son souffle dans mon cou. ‘T’es venue vite ce soir.’ Je murmure : ‘Chut, les murs sont fins.’ Mme Kowalski pourrait entendre. L’ascenseur s’arrête encore, portes qui s’ouvrent vides.
L’Approche
Il me plaque contre le mur du couloir. Mains sur mes hanches. Bouche sur la mienne, goût de bière et de danger. Grande Place en bas palpite, ombres des agents fantômes qu’on ignore. Son genou entre mes jambes. Je mouille déjà. ‘T’es prête, salope de voisine.’ Voix étouffée. Je hoche la tête, cœur qui cogne. On avance vers le lit, trébuchant sur ses chaussures. Fenêtre ouverte : brise froide sur ma peau, pigeons qui battent des ailes. Risque total, à quelques mètres de chez moi.
Corps collés, il arrache ma robe. Culotte au sol. Il me jette sur le lit, ressorts qui grincent. ‘Laisse pas de traces.’ Je gémis bas : ‘Baise-moi fort, mais tais-toi.’ Ses doigts dedans, mouillés. Je mords l’oreiller. Odeurs de poudre refroidie montent de la place, mélange à notre sueur. Il se déshabille vite, queue dure qui tape mon ventre. ‘T’aimes le risque, hein ? À deux pas de ton mari endormi ?’ Pas de mari, mais le quartier nous mate. Je l’attire : ‘Mets-la, maintenant.’ Il pousse, lent d’abord. Plein. J’étouffe un cri. Voisins marchent dans le couloir, pas lourds.
L’Explosion
Vague après vague. Il me pilonne, lit qui cogne le mur. ‘T’es ma chienne du palier.’ Je chuchote : ‘Plus fort, fais-moi jouir.’ Sensations crues : sa sueur qui goutte sur mes seins, mes ongles dans son dos. Vue sur la place : lumières pâles, ombres mouvantes. Ascenseur qui remonte, ding. On s’arrête net, corps tremblants. Reprise bestiale. Il me retourne, à quatre pattes. Fesse claqué, rouge. ‘Chut, ils entendent.’ Orgasme qui monte, brûlant. Je jouis en silence, spasmes étouffés dans le drap. Il grogne bas, se vide dedans. Chaud, collant. On halète, collés.
Il sort, sperme qui coule sur mes cuisses. Je me rhabille vite. ‘Va-t’en avant qu’on nous capte.’ Je hoche, jambes molles. Porte ouverte sur le palier sombre. Couloir froid. Ma porte, trois mètres plus loin. Clé tremble dans la serrure. Je rentre, verrouille. Peau qui brûle encore, goût de lui sur les lèvres. Miroir : cheveux en bataille, rougeurs au cou cachées par l’écharpe. Dehors, Grande Place respire ses secrets. Moi, redevenue Anonyme. Voisine tranquille. Demain, on se croisera à nouveau. Frisson garanti.