Le palier sent le tabac froid et la peinture écaillée. Minuit sonne à l’horloge du couloir. J’entends la clé gratter dans la serrure d’à côté. Marius. Son souffle court après l’escalier. Mathilde ronfle déjà, sa porte mitoyenne close. Mon cœur tape fort. Je suis en nuisette fine, pieds nus sur le carrelage glacé. La porte s’entrouvre. Nos yeux se verrouillent. ‘Anonyme… viens’, murmure-t-il, la voix rauque comme du gravier. La tension grimpe, électrique. Un bruit de chasse d’eau au-dessus. Les voisins du troisième. Pas le moment de traîner. Il tend la main, attrape mon poignet. Je franchis le seuil. Sa porte claque doux, étouffé. Dedans, l’appart pue le pinard et la sueur d’homme. ‘Mathilde dort comme une souche’, souffle-t-il. Je sais. Comme à la ferme, autrefois. Mais ici, immeuble HLM, palier partagé, frisson décuplé. Il me plaque contre le mur du vestibule. Ses lèvres écrasent les miennes. Langue invasive, goût de bière. Mes seins durcissent sous le tissu. L’ascenseur bourdonne en bas. Quelqu’un monte ? On se fige. Il repart. Soulagement. ‘T’es trempée déjà’, ricane-t-il bas, main glissée sous ma nuisette. Doigts rugueux qui écartent mes lèvres. Je gémis tout bas, mordant mon poing. Le couloir dehors grince, pas d’un voisin tardif. Faut y aller.
Ses mains déchirent presque la bretelle. Nuisette tombe. Je suis nue, peau frissonnante dans l’air tiède. Il bande dur, la protubérance tend son jogging. ‘A genoux, salope’, ordonne-t-il à voix basse. Je m’exécute. Zip qui descend. Sa queue jaillit, veineuse, épaisse, tête luisante. Odeur musquée m’envahit. Je l’engloutis, langue tournante. Il grogne, poigne dans mes cheveux. ‘Chut… les murs sont fins.’ Un bébé pleure au bout du couloir. On s’arrête net. Silence. Je reprends, gorge profonde. Il me relève, me porte jusqu’au salon. Fenêtre grande ouverte sur la cour. Lumières des apparts d’en face. Risque total. Il m’allonge sur le canapé râpé. Jambes écartées. ‘Regarde dehors, si quelqu’un mate.’ Sa langue fouille ma chatte. Je couine, étouffé dans l’oreiller. Juices coulent. Il remonte, bite contre mon entrée. Un coup de reins brutal. Pleine. ‘Putain, t’es serrée.’ Va-et-vient sauvage, canap’ qui grince. Je mords son épaule. ‘Plus fort, mais tais-toi.’ Claquements de chairs mouillés, étouffés. Sueur goutte. Vue sur le parking, phares d’une voiture. Panique. Il accélère, me pilonne. Orgasme monte, vague. Je tremble, spasme autour de lui. ‘Je jouis… dedans.’ Jet chaud. Il s’effondre. Bruits de l’acte : halètes basses, peaux claquant, tout avalé par la nuit.
L’Approche sur le Palier
Il se retire, sperme coule sur mes cuisses. ‘File, avant que Mathilde se réveille.’ Je ramasse nuisette, l’enfile à la va-vite. Odeur de sexe imprègne ma peau. Porte s’ouvre sur le palier vide. Froid me picote. Je traverse les deux mètres, pieds silencieux. Clé dans ma serrure. Fermée. Cœur encore en furie. Dans mon appart, miroir : joues rouges, lèvres gonflées, trace de morsure au cou. Je passe sous la douche rapide. Eau efface les preuves. Peau brûle encore de son passage. Dehors, couloir calme. Ascenseur s’arrête au rez-de-chaussée. Voisins normaux. Moi ? La Suzanne anonyme, voisine tranquille. Celle qui dit bonjour poli le matin. Personne ne sait. Le frisson du palier m’appelle déjà pour demain.